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Portrait de Parfumeur : Heidrun Harder

Interview de Nez : Vol.3

Nous avons été plus que ravis que la belle Heidrun se prête à notre Soft Interview ! Un parcours original et surtout un talent immense qui nous a rendu toutes et tous fous de la fragrance Georges et Moi.

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Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je m’appelle Heidrun (ce que je reproche toujours à mes parents) Harder (ce qui est Parfumerie deuxième génération). J’ai un mari et trois enfants (adorables) et pleins d’années d’expérience en parfumerie (dont je ne regrette pas un jour). Je suis individualiste mais j’adore travailler en équipe et surtout partager mon savoir-faire.

Quel a été votre premier contact avec le monde du parfum ?

La parfumerie m’a accompagné dès mon plus jeune âge.

Mon père travaillait comme parfumeur et chercheur d’odeurs. J’ai grandi dans une petite ville en Allemagne où la moitié de la population travaillait chez Dragoco et l’autre chez Haarmann & Reimer. Sur mon chemin d’école, je marchais dans les effluves de la vanilline – et parfois – hélas – des oignons.

J’aimais dessiner sur le papier blanc que mon père ramenait de son travail, ça sentait un monde mystérieux et attirant…

Mes souvenirs les plus vifs sont accompagnés d’odeurs très précises – d’un âge où je ne songeais nullement à devenir parfumeur moi-même. Mais les cours à l’ISIPCA de 1992-1994 dans la promo Yves Saint Laurent m’ont montré rapidement que la parfumerie était une passion – pour moi et pour les autres.

Et l’envie de la création et de la maîtrise des idées olfactives ne m’ont jamais quitté depuis.

Pouvez-vous nous expliquer quelles ont été vos inspirations pour créer la fragrance de ce Soft Perfume ?

J’ai toujours été fascinée par les notes chyprées qui vibrent par le contraste des notes balsamiques et boisées et par les notes fraîches qui ne sont jamais anodines. Jean-Claude Ellena (ndlr : le Nez d’Hermès) a crée un chypre fantastique autour du vétiver, de la magnolane et du grapefruit. Cette combinaison est très masculine et j’avais envie d’associer à cet accord des notes florales et douces comme la rose, l’iris et la pivoine pour créer un féminin qui est en même temps expressif et tendre. Le résultat est « Georges et moi », un des rares parfums que je porte moi-même.

SABE MASSOn - SOFTPERFUME - sticks

Soft Perfume Georges et Moi, 22€

Avez-vous un parfum ou une odeur fétiche ?

J’ai toujours aimé le parfum du mimosa qui fleurit en abondance en Bretagne – une passion que je partage avec toute la famille franco-allemande.

Quelle serait l’odeur impossible à retranscrire dans un jus d’après vous ?

Le sens olfactif, vieux comme il est, reste très conservateur et est très lié au subconscient. Des parfums trop « abstraits » ne passeront pas.

A L’Isipca, un jeune collègue allemand a crée une composition «  Sang et pleurs » qui devait illustrer la guerre… ça ne peut que rester une tentative intéressante… A nos jours un parfum - même avec une pointe de provocation - doit s’incliner aux règles de l’esthétique. Le but immanent d’une fragrance est de rendre la consommatrice plus attractive.

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Il y a t’il des matières premières que vous affectionnez particulièrement dans votre travail ?

Magnolan (depuis 20 ans !), Davana, Basilique, Sauge sclarée, damascones.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui cherche sa signature olfactive et qui se perd un peu devant l’immensité du choix proposé ?

De nos jours le choix est abondant est c’est difficile de s’y retrouver. Le seul conseil que je pourrais donner est : restez fidèle à vous-même – ne faites pas trop attention à ce que porte tout le monde – allez vers les couleurs et les textures qui vous attirent et restez ouverts pour des expériences nouvelles.

Quelle odeur appréciez-vous sur les autres et pas sur vous ?

J’aime sentir les parfums ambrés, gourmands et fleurs blanches, mais je me sentirais comme déguisée si je les portais.

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D’après vous quel est le plus grand plaisir d’un parfumeur et la plus grande difficulté ?

Comme dans le design, les parfumeurs travaillent souvent sur demande et pour les commandes. J’ai développé l’idée du parfum « Georges et moi » pour mon propre plaisir – et rien de plus beau que de partager ce plaisir avec vos clientes.

La plus grande difficulté est de se motiver à toujours aller plus loin et tenter des nouveaux chemins.

Qu’est ce qui vous motive dans votre métier et quelle est votre devise dans votre vie privée ?

En débutant dans la parfumerie, j’ai eu la chance de travailler quelques semaines à Singapour et une collègue chinoise m’a amené dans un temple. Le conseil trouvé pour moi là–bas était : If you fail, try again – si vous échouez, recommencez !

J’y pense souvent et rien n’est plus vrai pour la parfumerie ! Malheureusement, on avance en faisant des erreurs.

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