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Portrait de Parfumeur : Carole André

Interview de Nez : Vol.4

Aujourd'hui, c'est l'inspirante Carole, créatrice des Soft Perfumes Brune Melancolia, un oriental épicé et Belle Furieuse, une intemporelle cologne aromatique, qui se prête à notre Soft Interview.

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Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

J'ai 39 ans, je vis à Nice et travaille à Grasse. J'ai un profil assez atypique car je suis parfumeur mais également formulatrice cosmétique. J'ai eu la chance de pouvoir ajouter cette compétence à mon cursus professionnel. J'ai créé une TPE il y a maintenant 12 ans, et je créé des parfums ainsi que des gammes cosmétiques. J'enseigne également beaucoup, en universités, écoles et centres de formation.

 

Avez-vous toujours voulu faire le métier de Nez ?

C'est vers l'âge de 18 ans que j'y ai réellement pensé. Suite à la diffusion d'un reportage sur l'école de Roure à Grasse, mon père m'avait obtenu un rendez-vous avec la directrice, Françoise Marin. Elle me conseilla de faire d'abord des études scientifiques après le baccalauréat, puis de postuler à son école. Finalement, après l'obtention d'un DEUG de chimie (aujourd'hui ce serait une Licence 2), j'ai fais mes études de parfumerie à l'ISIPCA.

Quel a été votre premier contact avec le monde du parfum ?

Je suis née à Cannes et j'ai grandi à Grasse, berceau de la Parfumerie. Tous les jours, l'air de la ville était parfumé, parfois délicieusement (lavande, mimosa), parfois … plus curieusement (bisque de homard, beurre frais), en fonction de la saison, des campagnes de récoltes des plantes ou des fabrications des usines d'aromatique alimentaire. Mon père travaillait en étroite collaboration avec plusieurs de ces usines et ramenait régulièrement des flacons de parfums, ou encore des filtres ayant servi à la purification des jus, à la maison. Nous vivions littéralement dans le parfum du matin au soir.

Pouvez-vous nous expliquer quelles ont été vos inspirations pour créer la fragrance de ces Soft Perfumes ?

Je trouve les packagings des Soft Perfumes très inspirants, portant au voyage. Je me suis donc inspirée d'un pays proche, que je visite régulièrement et affectionne, riche en parfums et en couleurs : l'Italie. Pour "Belle Furieuse", je me suis "transportée" en Toscane, connue pour ses paysages incroyables et sa luminosité particulière. J'ai travaillé sur les agrumes italiens (bergamote, bigarade, …) et le cyprès, arbre emblématique de cette région. Pour "Brune Melancolia", je me suis attardée sur les jardins un peu secrets, à découvrir, avec de magnifiques roses velours et des arbres centenaires.

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Découvrir le Soft Perfume Brune Melancolia, un oriental épicé

Avez-vous un parfum ou une odeur fétiche et portez vous vous-même du parfum ?

Très curieusement, mes goûts personnels se sont arrêtés au moment de mes études de parfumerie, et quasiment tous les parfums que je porte sont antérieurs à ce moment-là (1998-2000). Je suis très portée sur les notes boisées, cuirées. Il n'est pas rare que je porte juste une matière première, souvent de l'huile essentielle de santal, parfois de l'encens.

Quelle serait l’odeur impossible à retranscrire dans un jus d’après vous ?

Celles des personnes aimées, malgré les techniques actuelles qui le promettent. La dimension affective est bien trop importante pour être "capturée". Je préfère encore penser à ces personnes au travers du parfum qu'elles portent ou portaient.

Il y a t’il des matières premières que vous affectionnez particulièrement dans votre travail ?

Les matières que je qualifie de "caméléon" car elles s'accordent avec beaucoup d'autres ingrédients et offrent de multiples possibilités de création, tout en se fondant dans la note globale : la vanille, le patchouli, ou encore l'ambroxan.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui cherche sa signature olfactive et qui se perd un peu devant l’immensité du choix proposé ?

Question compliquée … je pense qu'il faut explorer plusieurs pistes, qu'il n'y a pas une méthode universelle. Pour certains, découvrir les matières premières peut être une révélation, et rapidement des coups de cœur, des goûts bien marqués vont apparaître. Pour d'autres, les matières premières sont abstraites, ne leur parlent pas. Il est préférable de travailler sur les parfums que ces personnes aiment ou ont déjà portés, pour essayer d'en dégager une ligne directrice olfactive. L'évocation de lieux peut être aussi très importante, ou encore des moments de vie particuliers. Je ne suis pas adepte de l'idée de concordance entre un style vestimentaire et un parfum. C'est bien trop réducteur. De même que la sexualisation du parfum. Je suis contente que la Parfumerie Alternative (ou de "Niche") ne catégorise pas ainsi ses parfums. Si on aime une odeur, on la porte.

Découvrir le Soft Perfume Belle Furieuse, une intemporelle cologne aromatique.

Quelle odeur appréciez-vous sur les autres et pas sur vous ?

Les muscs blancs. J'aime leur sillage de douceur, de tendresse, ou de sensualité car tellement près de la peau. Mais je ne me reconnais pas en eux.

D’après vous quel est le plus grand plaisir d’un parfumeur et la plus grande difficulté ?

Mon plus grand plaisir est de (re)découvrir des matières premières d'exception. Par exemple, j'ai récemment senti une absolue de vanille verte. Incroyable ! Tout de suite, plein d'idées créatrives me sont venues. Une de mes difficultés est de ne pas surdoser les matières premières que j'affectionne le plus. Un peu comme en cuisine quand je fais des tartes à la cannelle et aux pommes et non pas l'inverse !

Qu’est ce qui vous motive dans votre métier et quelle est votre devise dans votre vie privée ?

Je n'ai pas de motivation spécifique, je pense, j'aime simplement mon métier et chaque jour il m'apporte satisfaction.

Une devise ? Non, ou peut-être "May the Force Be with Us"

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